Je suis le seul candidat représentant l’UMP. Député sortant du 16ème arrondissement, ma circonscription a été modifiée, englobant désormais le nord du 16ème arrondissement et le sud du 17ème arrondissement. Beaucoup d’entre vous le savent, l’ont noté. D’autres ne l’ont pas encore compris.
N’oublions jamais que les élections législatives ne sont pas des élections municipales. Certes, le député a le droit et le devoir de s’occuper des problèmes personnels des uns et des autres ou des problèmes des quartiers, mais dans la période que nous allons vivre, tout à fait extraordinaire pour la France, un député de l’UMP, comme je le serai, aura à gérer soit une majorité de cohabitation, soit une minorité face à la toute puissance des socialistes. Cet enjeu est primordial.
Déjà, les socialistes suppriment les lois les plus importantes que nous avons votées lors du dernier quinquennat, qu’il s’agisse des lois sur la sécurité ou même des lois sur la retraite. La France va être terriblement pénalisée, mais nous aurons aussi à gérer les fantasmes socialistes sur le vote des immigrés aux élections locales. Ne nous trompons pas, il ne s’agit pas uniquement d’élections locales car ce vote, qui sera nécessairement dans certaines villes un vote ethnique, créera des difficultés majeures et changera l’aspect complet de notre pays.
Mais les socialistes vont prendre aussi d’autres décisions qui toucheront à la sphère intime des uns et des autres comme l’adoption des enfants par des couples de même sexe. J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet. Le désir d’enfant est légitime même lorsqu’il s’agit d’un couple de même sexe. Ses membres ont le droit de s’aimer et de souhaiter des enfants, mais l’intérêt même de l’enfant doit être primordial. Peut-on, doit-on lui imposer deux papas ou deux mamans ? Pour ma part, je ne le crois pas, je ne le désire pas, simplement en pensant à cet enfant.
Voici le rôle du député. C’est un rôle qui transcende nos quartiers, qui transcende nos circonscriptions. C’est un rôle aujourd’hui d’une importance cruciale.
Quand je vois qu’il existe des dissidences par simple ambition personnelle, des candidats qui se trompent totalement d’élections et qui promettent aux uns et aux autres d’améliorer la propreté ou la sécurité de tels et tels quartiers, je me dis que l'on se trompe totalement d’élections, que les élections municipales auront lieu en 2014 et que d’ici là, celui ou celle qui prend ces axes de campagne et qui est en charge des responsabilités municipales auraient déjà dû régler ces problèmes. Quand j’entends qu’il faut couvrir telles ou telles artères de tels ou tels quartiers, je me demande pourquoi ne l’a-t-on fait auparavant. Ce n’est certainement pas le rôle du député, mais peut-être simplement du conseiller régional ou du conseiller général.
Oui, Brigitte Kuster se trompe d’élection. Elle essaye de leurrer les électeurs en leur proposant un programme qu'elle aurait dû accomplir comme maire ou, au mieux, un autre programme qui dépend de la région puisqu'elle est aussi conseillère régionale !
Quand elle annonce qu’elle se dévouera uniquement au rôle de député, il s’agit là d’une surprise ou peut-être a-t-elle oublié qu’elle était conseillère régionale, conseillère générale, conseillère de Paris et maire ! Le cumul des mandats électoraux, elle connaît !
Cette campagne mérite mieux que les invectives de son suppléant ou les arguments fallacieux de la candidate dissidente.
Elle a été candidate dans le 17ème nord (quartier des Batignolles) par deux fois (en 2002 et 2007). Pourquoi n’est-elle pas restée dans sa circonscription ? Elle y avait travaillé et elle a même fait acte de candidature au mois de novembre pour être investie dans cette circonscription du nord. Quelle mouche l’a piquée pour venir en dissidente mener un combat qui n’a pas lieu d’être ?
La voici désormais soutenue par tous les autres dissidents, qu’il s’agisse de Pierre Charon qui a fait perdre un sénateur à Paris par ambition personnelle, qu’il s’agisse également de Rachida Dati qui confond la démocratie et l’injure et qui combat son propre camp oubliant simplement le débat démocratique contre la gauche.
J’appelle ici les habitants des 16ème et 17ème arrondissements à se mettre derrière moi pour qu’à l’Assemblée nationale, j’aie la puissance nécessaire soit d’être dans la majorité si nous l’avons, soit de mener un combat contre des valeurs socialistes que nous ne partageons pas.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris