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Villepinte
Divers | Ajouté le 12.03.2012 à 17H14
ll y a eu un monde fou. Des dizaines de milliers de personnes disent certaines radios, qui ne veulent pas avouer qu’il y en avait 60 ou 80 000. Des hommes et des femmes enthousiastes, qui attendaient ce jour avec impatience.

En effet, depuis quelques semaines, quelques mois, les meetings se succédaient, mais il s’agissait de « petits » meetings locaux mobilisant du monde. Or nous attendions, ils attendaient tous, cette démonstration de force assez classique dans l’imaginaire militant.

J’entendais déjà, depuis quelques jours, le bruit sourd des pas des militants qui convergeaient vers Paris et je n’ai pas été déçu de voir cette foule enthousiaste, innombrable et joyeuse.

Le discours de Nicolas Sarkozy a été à la hauteur de ce que nous attendions tous. Il a d’abord affirmé, révélé, confessé peut-être, qu’il avait beaucoup appris. Qui, dans ces conditions, n’apprend pas ?

Puis il a parlé de l’Europe, cette Europe qui est l'un des enjeux majeur de ces prochaines années. Nous nous étions tous endormis. Cette Europe ronronnait sans beaucoup d’efficacité, agaçant certains, mais sans jamais enthousiasmer les autres.

C’était une idée, un « machin » comme disait le général de Gaulle. Il a fallu, ces dernières années, que Nicolas Sarkozy se lève, tape du poing sur la table, entraîne les Présidents et les Premiers ministres des différents pays européens pour que l’Europe ne tombe pas en morceaux, entraînant avec elle la disparition de l’euro.

Il s’agit donc de l’histoire récente, et personne ne peut la contester, ni à droite, ni à gauche, ni en France, ni en Espagne, ni en Allemagne.

Nicolas Sarkozy a donc remué l’Europe ces dernières années. Il veut maintenant faire plus et il a raison. Privilégier les entreprises européennes lorsqu’il existe des marchés publics, voire de grands marchés d’intérêt national, est la moindre des choses. C’était demandé depuis si longtemps !

Il ne s’agit pas de se révolter vis-à-vis de l’OMC, tout au contraire puisque les grands pays comme la Chine, l’Inde, les Etats-Unis, et même le Brésil privilégient, pour leurs marchés nationaux, les entreprises nationales. C’était aussi l'une des réclamations de tous ceux qui, voyant fuir les entreprises, voyant aussi les contrats importants tombés dans les mains étrangères, se révoltaient et dénigraient l’Europe.

Il a également demandé que Schengen soit une réalité. Tout le monde sait bien, depuis plusieurs années, que, lorsque des immigrés fuient, pour une raison ou pour une autre, leur pays de l’Est ou du Sud, ils arrivent sans aucune difficulté dans l’espace Schengen. Une fois arrivés, ils vont choisir, au gré de leur volonté, de s’installer où bon leur semble. Il est des zones où la régulation est impossible, en raison d'un manque de volonté, mais aussi d'un manque de douaniers ou de policiers.

Souvenons-nous de Lampedusa, souvenons-nous de tout ce qui se passe en Italie. Regardons aussi vers l’Est : la Roumanie déverse chez nous, alors qu’elle n’est pas encore dans l’espace Schengen, des milliers et des milliers de ses concitoyens qu’elle ne veut pas garder chez elle.

Nous ne pouvons plus accepter ce laxisme et cette illusion sur Schengen. Nicolas Sarkozy a eu raison de poser le problème comme il l’a fait hier à Villepinte. Il faut revoir et renégocier. L’Europe, on l’a vu, est à la croisée des chemins et il n’est pas impossible que, si nous ne faisons rien, celle-ci disparaisse dans le fracas bruyant de la crise.

Il a demandé aussi à ce que l’immigration soit contrôlée en France. Certes, à travers l’Europe, mais également en France. Le mot immigration n’appartient ni à la droite, ni à la gauche, ni à l’extrême droite, ni à l’extrême gauche.

Il a enfin "parlé vrai" sans ostraciser qui que ce soit, mais au contraire, pour faire intégrer et accepter l'idée qu’un certain seuil d’immigration ne doit pas être dépassé.

Bref, un très grand discours, attendu par tous. Le seul problème, c'est qu’il aurait fallu et qu’il faudrait qu'il soit entendu par le plus grand nombre de Français, Nous serions alors sûr de gagner. Mais l’a-t-il été ?


Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
 
1 réaction à l'article
l 13.03.12 à 02h43, Sophie a répondu :
Je privilégie l'expérience à l'amateurisme, l'actif au passif, la réalité au rêve, la modération à l'exagération, la démocratie au terrorisme intellectuel.
Pour toutes ces raisons, je choisis NS.
 
 
 
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