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PRETER SERMENT A L'ARMEE OU A LA NATION
Société | Ajouté le 21.09.2011 à 13H30
Hier, lors de la Convention de l'UMP sur la Défense nationale, a été émise l'idée d'un serment d'allégeance aux armes. Je ne suis pas d’accord avec ce simple serment à l'armée, je pense qu’il faut l’étendre et prêter serment à la France, à ses valeurs. Un tel serment, civique, est donc plus large, plus global.

Être Français demande que l’on respecte les valeurs de notre pays, que l’on accepte son histoire, toute son histoire, à laquelle l'armée a tant contribué. Il ne serait pas acceptable de ne prendre qu’une partie de notre passé, de cet héritage et d’en refuser une autre.

Être Français c’est accepter notre mode de vie et respecter ses différences, accepter de s’intégrer. Le mot est lâché « s’intégrer ».

Être Français ce n’est pas venir « en » France pour y vivre comme dans son pays d’origine, c'est s'assimiler, faire sienne sa culture, apprendre bien entendu sa langue, ses lois, admettre ses devoirs vis-à-vis de la patrie, sa nouvelle patrie.

S’intégrer ce n’est pas être à moitié français et à moitié étranger. Bien entendu, cela pose le problème de la bi-nationalité qui doit rester une exception. Il n’est pas question de la refuser en bloc. Que ferait-on des européens binationaux ? Mais pour les non ressortissants d'un pays communautaire, venant d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, tout en favorisant la mono-nationalité, il faut faire prêter allégeance par tous à notre pays, jurer d’accepter nos valeurs.

C’est effectivement le point le plus difficile. Autant pour ceux qui n’ont qu’une seule nationalité, française, cette prestation de serment est aisée, autant pour les bi-nationaux, elle devient aléatoire mais doit être exigée.

On pourrait refuser la bi-nationalité, certains pays le font. Pour les bi-nationaux de deux pays communautaires, ce serait utopique et irréalisable mais irait dans le sens de l'affirmation de la citoyenneté européenne qui n'est encore, en application des traités qu'indirecte, déterminée par la nationalité d'un des états membres. Pour les binationaux ressortissants d'un pays extra-communautaire, ce serait difficile, voire discriminatoire : sauf à ne pas plus accepter de franco-canadiens que de franco-algériens, par exemple.

Arno Klarsfeld, toujours rapide mais imprécis, rapproche ce serment de celui des fonctionnaires au Chef de l'Etat français entre 1940 et 1944. Ces deux situations n'ont strictement rien à voir, puisqu'il s'agit d'un serment à la France, à Marianne, mais non à son chef institutionnel. Je militerai pour un tel serment national, qui participe de la proclamation des valeurs qui ont forgé notre identité. Cela revient à parler de l’identité française qui, finalement, n'aura pas été un débat inutile.


Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
 
2 réactions à l'article
l 28.09.11 à 01h22, RENET a répondu :
TOUT SIMPLEMENT LA TRANSFORMATION DE L ARMEE EN SERVICE CIVIL DE 12 MOIS
EST FORMATEUR

VERS L HUMANITAIRE EN AFRIQUE EST INDISPENSABLE
C EST AUSSI VRAI POUR TOUTES AUTRES MISSIONS PUBLIQUES

C EST QUAND MEME UNE SOLUTION UTILE ET FORMATRICE
 
 
 
l 21.09.11 à 04h15, Dalida Benchalal a répondu :
Cher Monsieur Debré,

Concernant le serment d'allégeance aux armes, vous dites Monsieur Debré, ne pas être d'accord :
cependant, vous ne témoignez aucune contradiction.
Au contraire, vous intégrez cette mesure dans un cadre plus ouvert. Et celle ci s'inscrit de ce fait dans un contexte plus soutenu, circonspect et donc plus clair.
En ce sens, je suis entièrement d'accord.
C'est l'acceptation des valeurs de la France et donc de la République avec tout ce que cela implique à savoir : une connaissance et une reconnaissance de son histoire, qui se traduit par une adhésion à ses principes de laïcité.
Tout cela devrait nous mener à l'amour de la patrie et donc à la fierté de servir son pays en cas de menace extérieure. C'est dans cette mesure que l'on prend conscience en tant qu'individu de l'importance de l'identité nationale.
Celle ci revêt soudain son aspect positif et fédérateur plutôt que restrictif et péjoratif.
Tout est une question de présentation.
 
 
 
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