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Malgré les "condamnations" de l'ONU, la Syrie se meurt
Humanitaire | Ajouté le 30.05.2012 à 09H54
La Syrie est morte. A coups de canons, de lance-roquettes, de mortiers, Bachar el-Assad extermine son peuple.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’Organisation des Nations unies se réunit entre gens de bonne volonté (costumes-cravates et limousines) pour discuter de ce qu’ils pourraient faire pour empêcher ce drame. A chaque fois, la solution est trouvée : l’ONU condamne !

J’imagine que Bachar el-Assad a tremblé devant cette condamnation d’autant plus que celle-ci est annoncée du bout des lèvres et qu’en sous-main (voire même tout à fait officiellement), la Russie et la Chine encouragent Bachar el-Assad à tuer.

Comment un pays peut-il rester membre d'une organisation internationale prônant la paix tout en exterminant son peuple ? La première solution ne serait-elle pas d’exclure la Syrie de l’ONU et ainsi montrer que cette organisation n’est pas un endroit « fourre-tout », refuge des tyrans les plus sanguinaires ?

Mais surtout, l’ONU dispose d'une charte dont le chapitre 7 l’autorise à aller combattre un pays meurtrier. J’oubliais, la Russie et la Chine ont le droit de veto au Conseil de sécurité et donc, rien ne se passera !

A quoi sert l’ONU alors ? A envoyer quelques observateurs qui quelquefois risquent leurs vies et toujours ne font rien ! A envoyer des troupes qui sont peu ou mal commandées et n'ont pas le droit de riposter ! A chaque fois qu’il y a eu des décisions importantes, une guerre en Afghanistan ou en Irak, l’ONU n’a pas envoyé de soldats et l’OTAN a pris le relais. Que d’argent dépensé en vain, que d’hypocrisie et de paroles inutiles dans cette organisation impuissante qui jette de la poudre aux yeux du monde entier !

Et la Libye me direz-vous ? Il a fallu que Nicolas Sarkozy aille plus loin que les décisions onusiennes, viole quasiment ces décisions pour entraîner la chute du dictateur. Il a fallu l’énergie, la volonté de Nicolas Sarkozy pour entraîner cette organisation. D’ailleurs, on peut se demander si la France, l’Angleterre, l’Europe et d’autres pays n’auraient pas pu tout simplement s’unir pour « punir » ce dictateur sanguinaire. Car il est paradoxal de voir que tout le monde sait, reconnaît, avoue que Monsieur Bachar el-Assad est un dictateur sanguinaire, mais qu’il doit être mieux traité que Monsieur Kadhafi !

Les intérêts politiques internationaux en jeu sont immenses peut-être, mais le peuple meurt. La Syrie est morte. Pourtant, dans quelques semaines ou quelques mois, quand le peuple aura gagné, il regardera l’ONU avec des yeux méprisants et il aura bien raison !


Pr. Bernard Debré
Ancien Ministre
Député de Paris

 
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