Les journaux français ne tarissent pas d'éloges à l'égard de François Hollande. Ce sont les mêmes d’ailleurs qui « assassinaient » Nicolas Sarkozy. Mais de quoi a-t-on parlé à Berlin, à Washington et à Camp David ?
A Berlin, la Chancelière allemande a affirmé qu’elle ne reviendrait pas sur le pacte européen de stabilité et la volonté exprimée par les pays de la zone euro de faire des efforts pour revenir à l’équilibre. Elle a accepté, mais elle l’avait dit depuis longtemps, comme Nicolas Sarkozy, que la relance devrait être obtenue patiemment.
Mais là où l’hypocrisie est fantastique, c’est que François Hollande crie victoire et affirme avoir obtenu la croissance. Il convient toutefois de préciser que la relance prônée par François Hollande et les socialistes (et notamment Monsieur Montebourg) est bien différente de celle prônée par les autres pays européens.
Pour eux, cette relance passe d’abord par des réformes structurelles sur le temps de travail, sur la diminution de son coût et peut-être par une révision de certains traités européens acceptée à la demande de Nicolas Sarkozy. Il fallait effectivement qu’un certain nombre d’appels d’offres soient réservés à l’Europe et non plus distribués à tous les vents. Bien entendu, cette relance est tout à fait légitime et le tandem Nicolas Sarkozy/François Fillon avait déjà commencé à la réaliser.
La relance de François Hollande est totalement différente et on voit déjà la direction qu’elle prend. Il s’agit de dépenser l’argent que la France n’a plus. Outre les 60 000 emplois supplémentaires, une augmentation de l'allocation de rentrée scolaire, une augmentation très importante des impôts, François Hollande voudrait relancer les grands travaux. Avec quel argent ? Peut-être avec l’argent de l’Allemagne ? En tous les cas, ce ne sera plus avec le nôtre puisqu’il aura tout pris et que nos déficits auront augmenté. Cette relance est donc mythique, surprenante, impalpable et irréalisable.
Quant aux Etats-Unis, François Hollande a été reçu très aimablement par Barack Obama. Voulait-on que Barack Obama lui tourne le dos ? Mais là encore, la relance américaine se rapproche de la relance des autres pays européens et en particulier de l'Allemagne et en rien de celle de François Hollande.
Quant au retrait de nos troupes d’Afghanistan, il s’agit d’une action curieuse car nous retirons nos troupes combattantes, mais nous laissons sur place les troupes qui entretiennent le matériel. Par qui ces dernières seront-elles protégées ? Cet aspect un peu bâtard cumule tous les inconvénients.
Inconvénients moraux car nous abandonnons tous les soldats de la coalition. Angela Merkel l’a bien dit : « nous sommes arrivés ensemble, nous partirons ensemble ». Mais en plus de cela, nous laissons les troupes sans moyen de défense. Elles pourraient être la cible des attaques des talibans qui s’en donneront « à cœur joie ».
C’est une politique de gribouille, irréfléchie et un peu honteuse. L’action des troupes internationales en Afghanistan n’est pas un simple jeu. Il s’agissait, quand les troupes sont arrivées dans ce pays, en accord avec le gouvernement socialiste de l’époque, de restaurer un certain nombre de valeurs et de nous protéger contre des attentats suicides dramatiques comme ceux qui ont eu lieu sur les tours jumelles. Ben Laden et ses sbires, l’armée talibane et les étrangers qui les aident, pacifier le monde, tel était l'objectif.
Cet objectif a-t-il été atteint ? En partie seulement, c’est vrai. Ben Laden a été tué, Al-Quaïda, canal historique, est totalement désorganisée et a éclaté en différents petits Al-Quaïda locaux comme Al-Quaïda au Maghreb islamique ou d’autres encore. Mais la puissance même de la « maison mère » a disparu et l’Afghanistan tend à être pacifié. C’est à ce moment là que François Hollande tourne le dos à la solidarité internationale. Cette attitude ne grandit pas la France.
Mais les journaux français, pour beaucoup de gauche, se sont inclinés devant François Hollande jusqu’à lui « baiser les babouches » ! Depuis le temps qu’ils attendaient un maître !
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris