Coup sur coup, deux ministres viennent d’enfreindre la loi républicaine. D’abord, Michèle Delaunay, ministre déléguée en charge des personnes âgées, qui, à l’occasion d’une réunion, a dit qu’elle avait une liste de Français qu’elle verrait bien à l’étranger et qu’elle pourrait éventuellement donner cette liste à des avocats. Ce genre de propos est inacceptable et rappelle dangereusement des listes qui circulaient pendant la Guerre et qui étaient données à la Gestapo. Je suis atterré par les propos nauséabonds et prétentieux de Madame Delaunay, tout ministre qu’elle soit.
L’autre ministre, Cécile Duflot, est allée visiter un squat. Les associations de droit au logement se sont emparées d’un bien privé pour le squatter, pour y loger leurs adhérents et Cécile Duflot, toute pimpante, est allée quasiment les féliciter. C’est la première fois dans l’histoire de la République qu’une ministre va féliciter des hors-la-loi qui s’emparent de biens privés.
Ces deux exemples – il pourrait y en avoir d’autres – sont assez symptomatiques de ce qui se passe aujourd’hui. Les socialistes sont dépassés par les évènements économiques, la France qui va mal, le chômage qui augmente. Ils sont dépassés aussi par les lois qu’ils veulent faire voter et qui sont retoquées par le Conseil constitutionnel car mal ficelées, mal étudiées. Alors, ils essaient de faire du bruit autrement. C’est le mariage homosexuel qui n’est pas - et de loin- la priorité des Français.
Ce genre d’actions illicites est d’une démagogie outrancière. Il est temps que François Hollande prenne un peu de colonne vertébrale, d’assurance et fixe une ligne lisible, compréhensible et qui pourrait faire éventuellement sortir la France du marasme. Je rêve, bien entendu. Il en est bien incapable. Le Premier ministre n’a que des paroles creuses. Ses ministres sont de plus en plus haineux.
Pour en revenir à Mesdames Delaunay et Duflot, elles devraient être traduites devant la justice, l’une et l’autre, pour atteinte grave à la démocratie, mais ceci est une autre histoire.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris