Il est tout à fait intéressant de voir le ministre de l’Economie répondre aux questions des journalistes. Ils sont plus renseignés que lui, un comble !
Lorsqu’Olivier Mazerolle, sur BFM, lui pose la question de savoir si la CSG va augmenter ou lorsque Véronique Jacquier, sur la même antenne, lui pose la même question, Moscovici élude : « ce n’est pas dans le programme de François Hollande, on verra ce que demanderont les syndicats. » Aucune réponse, aucun courage. Avant l’été, on verra si les syndicats éventuellement le proposent.
Je suis assez surpris de voir que cette politique n’est menée qu’en fonction des desiderata des syndicats. En réalité, tout ceci n’est que mensonges et poudre aux yeux. L’augmentation de la CSG est prévue depuis longtemps. Un point de CSG supplémentaire, c’est entre 10 et 11 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat. Le ministre de l’Economie, le Premier ministre comme le président de la République ne le diront jamais avant l’été. « Français, passez de bonnes vacances, nous sommes là pour veiller sur tout ».
En reprenant les nouvelles taxes qui sont annoncées, prévues ou suggérées, il est assez intéressant de voir que ce qui est donné chichement d’une main est repris au centuple de l’autre. Que n’a-t-on entendu parler de l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel de croissance : 2 % d’augmentation. En réalité, cette augmentation n’était que de 0,6 point, les 1,4 % restant correspondant à l’augmentation du coût de la vie prévue par la loi.
Mais mettez en face les augmentations de 2 % du gaz, de l’électricité, des tarifs des chemins de fer, cette augmentation prévue de la CSG et tant d’autres qui vont arriver. Ajoutez à cela, si je puis dire, la suppression des heures supplémentaires défiscalisées qui rapporteraient, pour 9 millions de travailleurs, entre 200 et 300 euros par an.
Une telle politique n’est pourtant pas qualifiée de rigueur par la Majorité. On ne parle que de croissance, de redressement productif ou d’équité. Bref, utilisons tous les termes sauf celui de rigueur qui n’a pas lieu d’être.
Mensonges aussi de Monsieur Moscovici lorsqu’il annonce, à coup de trompettes et de cors de chasse, que jamais les classes moyennes ne seront touchées alors qu’elles le seront totalement. Pourquoi ne pas simplement dire la vérité ? Les Français la connaissent. Il ne faut pas les prendre pour des idiots.
Le gouvernement a décidé, parce que c’est son idéologie, de diminuer l’âge du départ à la retraite, en ramenant pour beaucoup à 60 ans. Il a décidé de taxer, surtaxer, de lever l’impôt.
Bref, Monsieur Moscovici, avouez-le, au lieu de tourner autour du pot, de ne jamais répondre à aucune question, et pour l’instant de ne taper que sur le gouvernement précédent qui, finalement, à vous regarder, ne s’en était pas si mal sorti.
Continuons avec la conférence sociale. 300 ou 400 personnes réunies au Conseil économique, social et environnemental, des tables rondes et un résultat qui sera commenté… dans un an ! J’espère que la crise attendra ! Un sommet européen qui a eu lieu il y a quelques jours et qui n’est toujours pas ratifié. L’Europe s’impatiente. Tout ceci n’est que poudre aux yeux et mensonges.
Mais peu importe ! Les riches seront taxés à 75 %, ce qui ne rapportera rien. Les classes moyennes seront taxées, surtaxées. Bref, la France, écrasée par les impôts et les taxes, sans véritable politique, ne pourra pas vivre longtemps d’incantations. « Vive la croissance ! Vive le redressement productif ! Vive le Parti socialiste ! Vive le Grand Timonier François Hollande et les rameurs du gouvernement ! »
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris