C’était le thème de prédilection de François Hollande pendant la campagne présidentielle : « je ferai plier les Allemands. J’obtiendrai les eurobonds ». Et pourtant, Madame Merkel a dit « non ».
De quoi s’agit-il ? D’une idée impossible actuellement. Les Etats sont endettés, beaucoup par laxisme, d’autres ayant été surpris par la crise qu’ils n’avaient pas anticipée. Sans donner de noms, on peut grossir le trait en divisant l’Europe en deux entre, d’un côté, les Etats du Sud qui, depuis des décennies, ont dépensé plus qu’ils n’avaient d’argent et qui présentent des dettes importantes et, de l’autre côté, les Etats du Nord qui ont pris des mesures, certes impopulaires, mais nécessaires pour obtenir des budgets en équilibre, au prix d’efforts extrêmement importants.
La France se trouve à la limite des deux groupes. Elle a dépensé sans compter pendant 30 ans, mais, depuis 5 ans, a fait des efforts pour réduire sa dette : révision générale des politiques publiques, non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, … Tant et si bien qu’elle a traversé la crise avec des difficultés certes, mais il était possible de s’en sortir dans les 4 années à venir.
Mais voici les socialistes arrivés au pouvoir et partis pour dépenser sans compter : abaissement de l’âge de la retraite, augmentation de différentes primes et allocations, diminution de la compétitivité des entreprises. Ce laxisme budgétaire est au demeurant mal ressenti par les pays du Nord.
De façon curieuse, François Hollande demande la création d’eurobonds. Autrement dit, il veut mutualiser les dettes des pays européens, ce qui revient à dire que l’Allemagne et les pays du Nord seraient amenés à payer la dette des Etats dépensiers. Comment veut-on que ces pays acceptent ?!
Il aurait fallu d’abord mettre en place une politique d’économies drastiques, montrer notre volonté d’accepter la « règle d’or » budgétaire, pour que les eurobonds soient envisageables. François Hollande a donc voulu, pendant la campagne électorale, endormir les Français. « Dormez braves gens, il n’y aura pas d’efforts à faire, l’Allemagne paiera nos dettes. »
Voici maintenant la réalité qui va revenir à grande vitesse. Mais n’oublions pas non plus les discours de François Hollande sur la Chine. Il a annoncé qu’il allait faire plier le Président chinois pour qu’il dévalue le yuan. Rien que cela ! Bien entendu, la Chine souveraine a souri gentiment ! Pour qui se prend notre Président ? Il est vrai qu’il ne connaît pas le monde et se croit donc tout permis.
La France, il y a quelques mois, avait tissé des liens forts avec l’Allemagne. Ces liens sont rompus. Ce n’est pas ainsi que l’Europe s’en sortira. La velléité au pouvoir n’a jamais fait une politique.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris