Tandis que ses amis se mettent en ordre de bataille, François Bayrou annonce son programme économique : 50 milliards d'économie, 50 milliards d'impôts supplémentaires, les niches fiscales qui volent en éclat (lesquelles ?), mais rien pour relancer la consommation, ni pour diminuer le chômage !
Certes, il est de bon ton d'épargner Bayrou pour qu'il ne soit pas vexé. Second tour oblige, nous aurons besoin de ses voix. D'ailleurs, certains annoncent, avec des accents merveilleux, que François Bayrou a « toujours été dans la majorité ». Après tout, n'a-t-il pas été membre de gouvernements de droite ?
Toutefois, il faut noter que comme député, il a toujours été en marge. Il n'a jamais su s'il était véritablement à droite, à gauche ou au centre. Comment gouverner quand on se voit le centre du monde politique ?
Les électeurs de gauche, du centre gauche plus exactement, ont rejoint François Hollande. Ceux du centre droit, eux, se reporteront vers Nicolas Sarkozy. Plus les échéances approchent, plus le clivage se creuse et moins François Bayrou a sa place.
Il fera entre 12 et 15 % des voix, score certes important ! Mais que fera-t-il au second tour ? Bien entendu, il va négocier des circonscriptions pour obtenir un groupe à l'Assemblée nationale, voire un poste de Premier ministre ou de ministre d'Etat. Il sait que si Nicolas Sarkozy est réélu, celui-ci ne pourra plus se présenter en 2017 et s'il est battu, la route est peut-être encombrée, mais Bayrou aurait sa chance.
Objectif 2017 donc ! Mais faut-il faire de la stratégie politique pour sa propre cause ou de la politique pour la France ? Difficile de déceler les objectifs de François Bayrou, toujours prêt à faire la politique du pire si cela peut l'aider, même au détriment de la France.
En avril et mai prochains, c'est bien le sort de la France qui se joue. François Bayrou devrait le savoir : si la gauche l'emporte, le Sénat, l'Assemblée, les régions, beaucoup de départements seront à gauche et toute la France sera socialiste. Beaucoup de décisions risquent d'être irréversibles. Nos valeurs, celles que nous défendons ensemble, seront attaquées et mises à mal. Ambition personnelle ou ambition pour la France ?
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris