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LA LOI BIOETHIQUE REVISEE
Santé | Ajouté le 22.10.2010 à 10H52
Il est toujours difficile de réviser, voire de transformer les règles de bioéthiques mais cette action est nécessaire tant le progrès va vite. Tout d’abord une affirmation qu’il est nécessaire de rappeler : la science n’est pas morale ou immorale, mais a-morale, en dehors de ces considérations. Ce n’est que son application qui, ensuite, peut être acceptée ou refusée.
Quand Galilée disait que la Terre tournait autour du Soleil, il affirmait un fait scientifique. A l’époque les dogmes religieux affirmaient le contraire, Galilée a failli être brûlé, nous n’en sommes plus là fort heureusement.
En revanche, nous pouvons de plus en plus agir sur l’homme comme sur son environnement (clonage, greffe, thérapie génique…) Toutes ces nouveautés sont à notre disposition. Le problème essentiel est de savoir ce qui aujourd’hui peut être accepté, toléré, voire refusé.
La fécondation par donneur est connue depuis longtemps ; un homme donne son sperme de façon anonyme, qui est placé au CECOS, dans de l’azote liquide. Quand, une femme dont le mari est stérile,  sur les conseils de son médecin désire utiliser du sperme du donneur, elle s’adresse au CECOS et une insémination est effectuée. Jusqu’ici l’anonymat du donneur était obligatoire ne souffrant d’aucune dérogation.
Certes, quand l’enfant, adulte, savait qu’il avait été conçu par insémination par donneur, il pouvait avoir envie d’en connaître le nom, mais les médecins comme le législateur ont toujours apposé un refus, protégeant le donneur, préservant aussi le couple et l’enfant.

Voici qu’aujourd’hui, si le donneur est d’accord, l’anonymat pourrait être levé ! Pourquoi pas. Il faut être extrêmement prudent vis à vis des donneurs éventuels qui ne désirent pas être reconnus comme père ! Ils ont offert leur sperme comme on offre son sang, par altruisme, souvent en accord avec leur femme ! Cette possibilité est un premier pas vers une généralisation de la « connaissance du père »  mais il est des cas auxquels on ne pense pas, celui du donneur pervers qui voudra connaître son enfant mettant en « ligne » son code ADN et pourquoi pas une émission de télé réalité. Voici le code barre ADN d’un père qui recherche son enfant, si vous êtes nés par donneur de sperme vous pouvez concourir !
J’imagine d’ici les troubles extraordinaires auxquels nous seront confrontés. D’un autre côté, en dehors des excès imaginaires dont je viens de parler, au nom de quoi interdirait-on à un enfant de rechercher ses racines génétiques donc son histoire familiale ? Si le « père » est d’accord il faudra bien entendu encadrer avec sévérité la levée de l’anonymat.
Alors, avantages ? Inconvénients ? Je ne le sais pas, j’hésite encore à accepter cette levée de l’anonymat.

Pr Bernard DEBRE

Ancien Ministre
Député de Paris
Membre du Comité national consultatif d'éthique
 
3 réactions à l'article
l 17.03.11 à 06h23, gamete18 a répondu :
Je suis tout a fait d'accord avec la position reservee du Professeur Debre. Je pense que nous risquons:
1. de decourager des donateurs, qui se verraient tout a coup menaces, quoi que l'on en dise, d'une responsabilite potentielle ou tout simplement d'un lien et d'une complication qu'ils ne recherchent pas
2. de creer chez les enfants des fantasmes d'autre "pere"/autre "mere" en investissant un don anonyme d'un poids qu'il ne devrait pas avoir; en revanche connaitre anonymement le dossier medical (donnees genetiques et fondamentales) par le biais d'une agence ou autre est tres important pour la sante de l'enfant. Mais le parent est clairement la personne qui a cherche a concevoir et a eleve l'enfant et nous devrions en rester la. Cela dit, lever l'anonymat sur une base de volontariat est envisageable. Cela laisserait a ceux des donateurs acceptant de donner sur cette base, libres de le faire (sans decourager les autres) ET permettrait a un parent avise de decider selon les circonstances du developpement psychologique de leur enfant de briser le tabou du secret. Il y aurait donc un elargissement du champ du possible. Et sur 20-30 ans, l'on pourrait voir comment ceux qui en usent sont affectes par rapport aux autres, ce qui pourrait etre riche d'enseignements.
 
 
 
l 08.12.10 à 12h27, Dominique a répondu :
L'avantage de la levée totale du don de gamètes est autant valable pour les donneurs de sperme que pour les donneuses d'ovocytes.
Cette levée de l'anonymat doit s'effectuer tant pour les dons à venir que pour les dons déjà réalisés avant ce jour, sans que les donneurs aient à fournir la preuve du don, leur seule bonne foi suffisant (car il y a eu beaucoup de prélèvements d'ovocytes et de sperme faits à l'insus des donneurs de manière mahonnête).
 
 
 
l 22.10.10 à 12h52, Soleil couchant a répondu :
Je n'y vois que des avantages, et en premier celui d'éviter qu'un frère n'épouse sa demi soeur , ou qu'un père ne devienne
l'amant de son fils ou de sa fille ....
 
 
 
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