L'Histoire de France assassinée
Société | Ajouté le 06.09.2011 à 10H59


Voici qu'il n'est plus d'actualité d'étudier l'histoire de France. Avons-nous honte ? Clovis ou Jeanne d'Arc, Louis XIV ou Napoléon.
Ce refus marque une volonté de couper nos racines. Oui la République (a fortiori la Vème République) est fille de la Royauté, mais aussi de la révolution et des guerres. Notre histoire est faite de gloires et de désastres, d'ombres et de lumières. C'est cette histoire, avec tout son héritage qui a fabriqué notre identité, notre pays.
Attention, la volonté (d'Eva Joly) de donner une large autonomie aux régions et d'instituer l'étude des langues régionales, voire de l'obliger fait partie de cette tentative mondialiste de nier les Nations. C'est une erreur et un crime.
Erreur, car dans la mondialisation actuelle, source de guerre économique, de drames sociaux, le seul repère reste la Nation et donc son histoire.
Erreur, car dans tous les autres pays, la Nation (souvent forgée, consciente, depuis moins longtemps que dans notre pays) reprend vie avec force. Nation, nationalité, parfois même le nationalisme même si ce mot peut-être dévoyé s'il devient xénophobe.
Crime, parce que l'immigration, qui est un fait, doit être intégrée. Dans le cas contraire, des ghettos se forment, sources de communautarisme et d'affrontements. Il est impossible d'intégrer un étranger s'il ne connaît pas l'histoire du pays où il s'installe. Comment peut-il l'assimiler si les nationaux ignorent eux-mêmes leur passé. Le refus de l'Histoire est le meilleur façon de provoquer des guerres civiles.
Qu'il est curieux d'assister aujourd'hui à cette offensive de démolition ? Elle est contre l'Avenir, contre la réalité. Cette rémanescence est typique d'une « basse époque ».
Certes, dans quelques années peut-être, l'Europe sera-t-elle assez puissante pour promouvoir l'idée forte d'une appartenance à la Nation européenne mais est-ce le cas aujourd'hui ? Non, pas encore.
Rien de solide ne peut être construit sur le sable, sans une connaissance de l'Histoire. Nous sommes en train de créer une génération de jeunes déracinés qui ne se sentiront bien nulle part. N'oublions pas ceux et celles qui ont donné leur vie pour la liberté de notre pays. Elle n'est pas si éloignée cette Seconde Guerre mondiale. Ce sont nos parents et grands-parents qui, pour beaucoup ont été exemplaires. Nier l'Histoire c'est les tuer une seconde fois.
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
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le 09.09.11 à 02h12, achim Dubele a répondu :
Je crois aussi qu'au nom de l'Europe on ne doit pas supprimer du programme scolaire l'étude de l'Histoire de France. Pour les raisons d'une part, selon lesquelles ce serait assassiner la France avec tout le corollaire négatif sur l'intégration des jeunes dans leur citoyenneté et le référencement à leur identité, comme vous le dîtes, monsieur Bernard Debré; d'autre part, pour les raisons selon lesquelles la France serait assassinée aussi par un certain manque d'homogénéïté des citoyens entre eux dont une vie politique normale a absolument besoin comme le disent chacun à sa manière les 2 auteurs des commentaires faits plus hauts.
Voici - en complément à toutes ces raisons, et comme quoi l'étude de l'Histoire (de France particulièrement) est bien indispensable - ce que disait justement Un certain Duclos au XVI ème siècle (je crois), un historien de Louis XI : "...quand on apperçois les mêmes fautes suivies régulièrement des mêmes malheurs... si l'on eût connu les premières, on aurait évité d'y retomber."
A méditer également. Il disait aussi " Il n'appartient qu'à l'Histoire de former des hommes d'Etat! C'est là qu'ils doivent trouver les règles de leurs conduite..."
le 06.09.11 à 02h48, Merkeiev a répondu :
Monsieur;
Vous n'ignorez bien sûr pas que depuis la mort de M. Pompidou, tout est mis en oeuvre pour rendre l'école stérile. Vous savez bien sûr que les programmes scolaires sont conçus non pour faire des têtes bien faites, mais pour fabriquer de la main d'oeuvre en tout point adaptée aux desiderata de l'industrie. La multiplication des "filières professionnelles", débouchant sur une kyrielle de baccalauréats ultra-spécialisés, en est une preuve flagrante. Un bachelier d'avant 1970 pouvait s'adapter à pratiquement n'importe quelle activité, parce qu'il avait des connaissance suffisantes, une vraie culture, et des moyens pour penser. Un bachelier de 2010 n'a rien de tout cela, simplement dispose-t-il de quelques croûtes de vernis tôt rompues recouvrant une ignorance abyssale. "On" a décidé un jour que la culture, l'instruction, devaient rester affaire d'élites. A ce titre des générations de gosses ne reçoivent que des bribes de savoir, notamment en Histoire. Bien entendu. Un peuple au fait de son passé dispose des moyens d'analyser son présent, et d'en refuser le cas échéant les abus. Un peuple ignorant est manipulable, exploitable, parce qu'il n'a rien sur quoi s'appuyer. Un peuple ignorant n'a plus le goût de l'effort, et encore moins celui du travail bien fait.
Ce qui se passe dans l'enseignement, en Histoire de France et ailleurs, est une réplique maladroite de ce que faisaient les zélateurs du stalinisme en URSS : Produire des gens "adaptés à un métier", peu importe s'ils sont incapables d'en occuper un autre en cas de besoin faut de posséder les ressources intellectuelles idoines. Cela fera des chômeurs, autre structure très utile si l'on en énumère tous les organismes qui vivent sur cette maladie. Seulement l'URSS, se rendant compte du taux incroyable d'analphabètes du pays, a réformé ce système idiot en 1960. Il n'en fallait pas plus pour que nous l'adoptions... Avec pour résultat de voir aujourd'hui entrer à l'Université des jeunes gens avachis, dysothographiques et paresseux. Construire une école en vue d'alimenter une industrie, ou ce qu'il en reste, est une erreur monumentale que tous les partis, quelles qu'en soient les tendances, perpétuent.
Aucune "Europe" ne pourra remplacer ce qui manque désormais à ce pays. La seule solution consiste à revenir à des méthodes et à des programmes d'enseignement capable d'ouvrir l'esprit des enfants, plutôt que d'en faire des zombies ayant pour seul horizon que leur condition incontournable.
Respectueusement.
le 06.09.11 à 12h49, François MONARD a répondu :
Comme souvent, c?est avec plaisir que je constate que mon député défend les idées auxquelles je suis profondément attaché. Ernest Renan disait « L?existence d?une Nation est un plébiscite de tous les jours. C?est un riche legs de souvenirs(?), comme l?individu, c?est l?aboutissement d?un long passé d?efforts, de sacrifices et de dévouements?»
Le plébiscite aussi d?un socle commun de valeurs et d?idées véhiculées par la langue. Le programme ELCO « Enseignement des langues et cultures d'origine » de l?Education Nationale est une absurdité. Que les nouveaux arrivants maîtrisent déjà le Français avant d?apprendre langues et cultures d'origine car pour vivre, travailler, évoluer, s?intégrer en somme, c?est bien de la langue de son environnement dont le nouveau arrivant a besoin et non de la langue d?origine. Il ne s?agit pas de racisme. Pour construire la Nation, les hussards noirs de la République ont bien interdit aux Alsaciens, Bretons et autres de parler le patois et leurs langues régionales ! Comment construire une identité commune autrement ? Comment partager un « riche legs de souvenirs » qu?en l?ayant vécu ensemble ou en l?ayant appris ? Cela implique donc de connaître et d?apprendre son Histoire. L?offensive de démolition dont parle notre député, on y assiste tous les jours. On s?excuse, on s?autoflagelle, on efface notre Histoire. Alors qu?à West Point, on enseigne encore la bataille d?Austerlitz, en France pour son bicentenaire en 2005, l?Etat s?interdit de la commémorer. C?est un exemple parmi d?autres. Savoir d?où on vient pour avancer. Nous devons apprendre notre Histoire, en être fier pour aimer notre pays, notre Nation, notre identité.