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L'euthanasie en oeuvre à Bayonne
Société | Ajouté le 07.09.2011 à 19H28
A Bayonne un médecin, le docteur Bonnemaison, est responsable de 7 (peut-être 8) cas d’euthanasie active.

De quoi s’agit-il vraisemblablement ? Ce médecin urgentiste dans une maison de moyen séjour a injecté un produit mortel à des personnes qu’ils jugeaient en fin de vie, beaucoup ou toutes n’avaient plus leur conscience.

Les familles, dit le médecin, n’étaient pas vraiment prévenues mais, toujours selon lui, des poignées de main appuyées, des regards complices leur faisaient comprendre ce qu’il allait faire, et les familles semblaient acquiescer !

Il s’agit là d’une monstruosité ! Le médecin, de son propre chef, sans en réalité en avertir qui que ce soit, ni les malades, ni les familles, sans avis des « soignants », a seul décidé de mettre fin à la vie de 7 personnes qu’il jugeait perdues à très court terme.

La loi ne l’y autorise pas et même ceux qui seraient favorables à l’euthanasie active ne peuvent pas accepter ce genre d’attitude. Dans sa sagesse, la loi encadre très strictement cet acte : une autorisation explicite du malade, des familles, des soignants est nécessaire. Faire mourir une personne fut-elle en fin de vie, est un acte grave et qui jamais ne pourra être pris à la sauvette et à la légère.

Ce qui vient de se passer à Bayonne est la pire des actions, une dérive eugéniste de la médecine. Ces « vieux » allaient mourir, vraisemblablement. S’ils étaient dans le coma pourquoi ne pas avoir attendu sereinement, dignement que la mort arrive ? Ils ne souffraient pas, cette action expéditive est invraisemblable. S’ils n’étaient pas, pour certains, dans le coma et qu’ils souffraient des antalgiques (anti-douleurs) auraient pu être administrés, dans un endroit digne, en dehors des urgences et certainement pas à la sauvette. Surtout l’administration de ces produits antalgiques qui auraient aussi hâté la mort n’était pas semblable à cette injection brutale qui bloque la respiration et qui entraîne la mort par étouffement !

Je suis également choqué de l’attitude des médecins du Conseil de l’Ordre départemental qui ont absout le médecin, de ces milliers d’hommes et de femmes qui ont signé pour le soutenir sans réfléchir qu’il s’agit là d’une action caricaturale et dangereuse.

Peut-être qu’aujourd’hui l’humanité a changé de niveau… Elle a perdu son supplément d’âme.

Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
Membre du Comité consultatif national d'éthique
 
4 réactions à l'article
l 10.09.11 à 11h24, Cimabue a répondu :
j'ai un Parkinson et je n'irai pas en Suisse pour y mourir ,j'ai déjà du mal à rejoindre le supermarché du coin maintenant
il y a des charters de grabats pour Lourdes, bientôt pour Genève? aller simple
quand je me poserai plus de questions qu'aujourd'hui je verrai
Monsieur Debré devrait nous produire une simulation de cette loi avec son décret d'application, ça calmerait quelque peu

il y a la naissance programmée dans les familles, pour un meilleur accueil de l'enfant, parfois sous tendu par des contraintes discutables mais le social contraint
il y a la naissance programmée médicalement par césarienne.....par sécurité
nous aurons la mort programmée sur agenda familial? pas ce jour là mamie, tu sais bien que je suis en déplacement

je n'ai que ma dérision pour dire NON



 
 
 
l 10.09.11 à 12h08, Mme Dominique YUFERA / Dejiha a répondu :
Bonjour Monsieur.

Citoyenne lambda, je n'ai aucune qualité pour porter un jugement sur les actes présumés du Docteur Nicolas Bonnemaison.

Un fait reste néanmoins certain : les actes de Nicolas Bonnemaison démontrent, un fois de plus, que la loi dite Léonetti, trop peu connue du corps médical ( peut-être même Nicolas Bonnemaison ne la connaissait-il pas ), est une loi ambiguë et insatisfaisante.
Elle n'autorise, ni n'interdit, dans un cadre clair, l'accès, pour les personnes la souhaitant, à la Mort Douce active en fin de vie.
Nicolas Sarkozy lui-même admet cette équivoque.
À l'occasion de sa rencontre avec la famille de Eddy de Somer, il cite «  la ?zone grise? qui existe actuellement et qui permet aux médecins, aux patients et aux familles de s'adapter à chaque cas ».
Il met le doigt sur cette « zone grise » et s'en contente.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/09/07/01016-20110907ARTFIG00654-sarkozy-redit-son-opposition-a-un-droit-a-mourir.php

À mes yeux, une zone grise est une zone de non-droit, génératrice d'inégalités et d'injustices.

Donc, un fait est posé : la loi Léonetti est à peaufiner, modifier, compléter....

Vous parlez, monsieur, de « monstruosité », de « dérive eugéniste »
Comment définir une « monstruosité », une « dérive eugéniste », au sein d'une zone grise '' qui permet aux médecins, aux patients et aux familles de s'adapter à chaque cas ''

Que vous soyez choqué par le vote de vos confrères du Conseil Régional de l'Ordre des Médecins doit vous amener à remettre en question votre certitude.

Quant à moi, Dejiha, je fais partie '' de ces milliers d?hommes et de femmes qui ont signé pour le soutenir sans réfléchir qu?il s?agit là d?une action caricaturale et dangereuse ''
Ne nous sous-estimez pas trop, je vous prie.
Nous ne sommes pas un mouvement moutonnier, ondulant au fil des cas médiatisés.
J'ai longuement réfléchi. J'apporte mon soutien à Nicolas Bonnemaison parce que, après avoir lu, écouté, ce que la presse peut exprimer, j'ai l'intime conviction (peut-être erronée) que Nicolas Bonnemaison n'a rien d'un Joseph Mengele, ni d'un tueur en série.
Je lui fais confiance alors que vous le condamnez d'office : violemment, émotionnellement, sans réfléchir plus avant.

Que nous soyons si nombreux à montrer que nous donnons notre confiance à Nicolas Bonnemaison n'est pas neutre. Ce mouvement demande réflexion approfondie.

Je vous remercie, Monsieur, de m'avoir permis de m'exprimer.

Cordialement à vous,

Madame Dominique YUFERA/Dejiha,
adhérente de l'ADMD et administratrice à « Ultime Liberté »
 
 
 
l 07.09.11 à 10h44, Jacqueline Jencquel a répondu :
Professeur Debré, ces personnes étaient déjà mourantes....Le médecin ne pouvait plus leur demander leur avis...Si on avait une loi et que les personnes en étaient bien informées, elles auraient des directives anticipées qu' il faudrait respecter....en France nous ne voulons pas voir la réalité et nous ne pensons pas que la volonté du patient prime sur celle des proches ainsi que sur celle du médecin...

Personnellement je suis en faveur du système suisse: le patient avale lui-même le produit qui l' endormira au bout de deux minutes.

Si un jour je suis atteinte d' Alzheimer, Parkinson ou la maladie de Charcot, je n' attendrai pas la fin. J' irai mourir en Suisse.

Je vous admire et je fais partie de votre famille politique mais en ce qui concerne la fin de vie, vous êtes manichéen.

Avec toutes mes amitiés
 
 
 
l 07.09.11 à 09h29, Scorpion a répondu :
Encore merci Monsieur Debré :
il est ignoble de vouloir légaliser l'euthanasie, vous qui êtes médecin reconnu et célèbre, s'il vous plaît mettez tout votre poids et votre notoriété qui est grande pour avertir nos concitoyens sur ce danger qui nous guette. Mais pourquoi veut-on abréger la vie de gens et QUI est juge pour décider que telle ou telle personne, en fin de vie et souffrante certes, doit partir. En vertu de quoi ?
Vous le dites si bien, des antalgiques (qui permettent de vivre sans douleurs, un certain temps) aussi hâtent la mort, mais naturelle et non d'étouffement qui est atroce. Tous ces gens pensent-ils qu'un jour ils pourront en être victimes !
On a perdu la raison et surtout tout esprit de transcendance !
 
 
 
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