Bonjour Monsieur.
Citoyenne lambda, je n'ai aucune qualité pour porter un jugement sur les actes présumés du Docteur Nicolas Bonnemaison.
Un fait reste néanmoins certain : les actes de Nicolas Bonnemaison démontrent, un fois de plus, que la loi dite Léonetti, trop peu connue du corps médical ( peut-être même Nicolas Bonnemaison ne la connaissait-il pas ), est une loi ambiguë et insatisfaisante.
Elle n'autorise, ni n'interdit, dans un cadre clair, l'accès, pour les personnes la souhaitant, à la Mort Douce active en fin de vie.
Nicolas Sarkozy lui-même admet cette équivoque.
À l'occasion de sa rencontre avec la famille de Eddy de Somer, il cite « la ?zone grise? qui existe actuellement et qui permet aux médecins, aux patients et aux familles de s'adapter à chaque cas ».
Il met le doigt sur cette « zone grise » et s'en contente.
Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/09/07/01016-20110907ARTFIG00654-sarkozy-redit-son-opposition-a-un-droit-a-mourir.php
À mes yeux, une zone grise est une zone de non-droit, génératrice d'inégalités et d'injustices.
Donc, un fait est posé : la loi Léonetti est à peaufiner, modifier, compléter....
Vous parlez, monsieur, de « monstruosité », de « dérive eugéniste »
Comment définir une « monstruosité », une « dérive eugéniste », au sein d'une zone grise '' qui permet aux médecins, aux patients et aux familles de s'adapter à chaque cas ''
Que vous soyez choqué par le vote de vos confrères du Conseil Régional de l'Ordre des Médecins doit vous amener à remettre en question votre certitude.
Quant à moi, Dejiha, je fais partie '' de ces milliers d?hommes et de femmes qui ont signé pour le soutenir sans réfléchir qu?il s?agit là d?une action caricaturale et dangereuse ''
Ne nous sous-estimez pas trop, je vous prie.
Nous ne sommes pas un mouvement moutonnier, ondulant au fil des cas médiatisés.
J'ai longuement réfléchi. J'apporte mon soutien à Nicolas Bonnemaison parce que, après avoir lu, écouté, ce que la presse peut exprimer, j'ai l'intime conviction (peut-être erronée) que Nicolas Bonnemaison n'a rien d'un Joseph Mengele, ni d'un tueur en série.
Je lui fais confiance alors que vous le condamnez d'office : violemment, émotionnellement, sans réfléchir plus avant.
Que nous soyons si nombreux à montrer que nous donnons notre confiance à Nicolas Bonnemaison n'est pas neutre. Ce mouvement demande réflexion approfondie.
Je vous remercie, Monsieur, de m'avoir permis de m'exprimer.
Cordialement à vous,
Madame Dominique YUFERA/Dejiha,
adhérente de l'ADMD et administratrice à « Ultime Liberté »