Il y a quelques jours, à Limoges, François Hollande tenait une grande réunion. Et tout d’un coup, j’y ai entendu le chant des partisans.
J’avais l’habitude de l’entendre quand j’étais tout petit, avant 1958, quand j’étais sur les épaules de mon père et que le Général venait au Mont Valérien honorer les morts, les Résistants et ses compagnons.
J’avais l’habitude de trembler lorsque j’entendais ce chant composé par Joseph Kessel et Maurice Druon. Celui-ci, ami de ma famille depuis toujours, était un homme merveilleux et il nous expliquait comment il avait composé, avec son oncle, ce chant d’une beauté insondable, d’une tristesse et d’une force extraordinaire.
J’avais l’habitude d’entendre les gaullistes le chanter et puis tout d’un coup, mon cœur s’est quasiment arrêté lorsque j’ai vu ces hommes et ces femmes de gauche agitant des drapeaux et s’appropriant ce chant.
Pourrais-je rappeler que ces héritiers de François Mitterrand n’ont peut-être pas tout à fait raison de le chanter ? Faut-il rappeler sans cesse que François Mitterrand a été décoré par le maréchal Pétain de la Francisque pour bons et loyaux services, qu’il a mystifié ensuite son monde, et qu’il n’a fait reconnaître l’organisation dont il faisait partie comme véritable organisation résistante qu’en 1992, sur son ordre exprès après avoir essuyé plusieurs refus ? Faut-il aussi rappeler les liens incroyables qui unissaient François Mitterrand et Monsieur Touvier ou d’autres encore ?
L’ambiguïté était incarnée par Mitterrand ! Souvenez-vous, après ses attaques outrancières contre le général de Gaulle, son livre Le coup d’État permanent, ses pseudo attentats et autres trafics, était-il si digne que l’histoire le dit ? Il a mystifié son monde. Il a fait oublier sa vie et ses basses œuvres. Sous son règne, qui a duré 14 ans, que de drames, que d’affaires tristement célèbres. Franchement, était-il digne, à Limoges, que ses héritiers entonnent ce chant sacré de la Résistance ?
Je n’oserais pas trop attaquer les communistes bien qu’en 1939, ils aient signé le pacte germano-soviétique et étaient du côté de Pétain en 1940. Je ne les stigmatiserais pas, mais je leur rappelle que le seul journal français autorisé pendant l’Occupation fut L’Humanité à la demande expresse des dirigeants communistes dont beaucoup avaient fuient en URSS. Monsieur Marchais, lui, fabriquait des armes qui ont tué des Français, quand il était au STO, en Allemagne, alors que tant s’étaient enfuis.
Il est vrai qu’après l’entrée de l’armée allemande en URSS, les mentalités ont changé, mais combien de Français étaient déjà morts ? Des dizaines et des dizaines de milliers puisque l’on parle de 100 000 morts lors de l’offensive de 1940, lors de la débâcle. Où étaient à l’époque les communistes ? Cachés ou écartés pour éviter qu’ils ne collaborent trop ouvertement jusqu'à l'arrivée du maréchal Pétain en juillet 1940.
Voilà les alliés de Monsieur Hollande ! C’était il y a longtemps et le manteau de brume de l’histoire s’est abattu sur ces épisodes. Plus aucun des jeunes et même des moins jeunes ne s’en souviennent hormis quelques vieux « gâteux» que l'on méprise souvent et qui pourtant, nous ont sauvé d’une aliénation formidable. Qu’aurions nous fait sans ceux-là, sans ceux qui ont maintenant 80/90 ans, quelquefois plus et qui ont combattu dans l’ombre de la Résistance ou dans la lumière de la deuxième DB ?
Ces hommes et ces femmes, qui ont marqué l’histoire, doivent se retourner dans leur tombe d’horreur en entendant ces jeunes socialistes qui ont oublié complètement où était Mitterrand, où étaient, au début de la guerre, les communistes.
Ils ont accepté d’écouter ces falsifications et ces sornettes racontées par François Hollande ou d’autres encore. Une nouvelle fois, c’est un détournement historique auquel nous assistons. Décidément, ils ne nous auront rien épargné !
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris