L’élection d’un président à la tête de l’UMP est certainement un acte démocratique par excellence. Il y a maintenant de nombreux candidats à la candidature. Combien seront-ils dans quelques semaines ? Peut-être quatre ou cinq, ce qui serait une bonne étape.
Certains ont commencé leur campagne officiellement : recherche de parrainage, textes de fond pour orienter notre mouvement. Tout ceci est fort bien, mais voici que les élections se tendent. Les « seconds couteaux » commencent à se manifester ça et là (petites injures, sous-entendus, accusations bêtes et méchantes).
Cette dérive, voulue par les candidats qui, eux, jouent les blanches colombes, est inutile et dangereuse. Ne transformons pas cette campagne démocratique en une guerre fratricide. La France va mal, le monde est agité et instable. D’un jour à l’autre, cette crise peut se transformer en guerre économique d’abord, par un affrontement en Europe même, ensuite ailleurs, voire en guerre conventionnelle au Moyen Orient ou en Asie centrale.
Les Français, pour l’instant en vacances, n’accepteront pas longtemps cette zizanie stérile et dévastatrice. Il faudrait que, dès l’annonce définitive des candidatures par le dépôt des parrainages, un homme ou une femme soit nommé provisoirement à la tête de notre mouvement pour le faire vivre pendant cette période transitoire, organisant ces élections dans le calme et la démocratie.
Du mois de septembre au mois de novembre, une équipe, représentant les candidats, aurait pour mission de faire en sorte que notre mouvement reste politiquement présent, s’oppose aux dérapages des socialistes, propose des alternatives crédibles et factuelles en attendant l’élection du président démocratiquement élu.
Il faudrait que tous acceptent une charte de bonne conduite évitant les coups bas et les injures. L’enjeu n’est pas seulement l’élection d’une femme ou d’un homme à la tête de l’UMP, mais l’avenir de notre pays. Faute de quoi, notre mouvement risquerait de se déchirer, d’exploser et de laisser la place au centre et à l’extrême droite, ce qui serait extraordinairement dangereux.
La démocratie est exigeante. Un mouvement politique issu du gaullisme doit être exemplaire (même s’il ne l’a pas toujours été). Après cet épisode, il faudra sans tarder se remettre en mouvement pour regagner la confiance des Français (dans les villes par les élections municipales, dans les départements, les régions…).
Pour cela, il faudra réinventer une façon de faire de « la » politique sans avoir peur d’innover, sans tomber dans l’incantation, ni le culte de la personnalité.
Nous avons devant nous pourtant un espace gigantesque. Les socialistes sont englués dans le populisme et la démagogie. Ils conduisent la France vers des drames. Ils ne connaissent pas le langage de vérité. L’effort partagé n’est pas dans leurs gènes. Ils méprisent l’entreprenariat, le succès. Leur idéologie, pour beaucoup, date du début du 20ème siècle. Or, le monde a changé !
Nous devons redevenir crédibles… Redevenir est le mot qui convient. Il ne sert à rien aujourd’hui de demander l’abrogation des « 35 heures » parce que, au pouvoir, nous ne les avons pas abrogées. Ce discours n’est pas crédible alors que les « 35 heures » sont un désastre ! Tant aujourd’hui qu’hier !
Cette élection démocratique doit être un nouveau départ pour l’opposition. Il est un temps qui se termine, pendant lequel il était de bon ton de magnifier ce que nous avons fait. Il est maintenant venu le temps des propositions et de la nouveauté. C’est le sens de cette élection au sein de notre mouvement.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris